Après le décès de son conjoint, la pension de réversion représente une aide financière bienvenue pour maintenir son niveau de vie. Elle correspond à une partie de la retraite que le défunt percevait ou aurait perçue. Mais lorsque la personne décédée a été mariée plusieurs fois, la situation se complexifie. La deuxième épouse devenue veuve peut-elle y prétendre ? Et si oui, doit-elle la partager avec l’ex-conjointe ? Nous apportons des réponses fiables à ces interrogations dans la suite de cet article.
Pouvez-vous prétendre à la pension de réversion en tant que deuxième épouse ?
Oui, une deuxième épouse a bien droit à la pension de réversion. Toutefois, elle devra très souvent la partager avec la première épouse divorcée, à condition que cette dernière ne se soit pas remariée. Le principe de base appliqué par la majorité des régimes est celui du partage au prorata de la durée de chaque mariage. Pour le calcul, on additionne la durée de toutes les unions du défunt. Ensuite, une part de la pension est attribuée à chaque conjoint (le survivant et les ex-conjoints) proportionnellement à la durée de son propre mariage. La seconde épouse recevra donc un montant qui dépendra directement du nombre d’années passées avec la personne décédée.
Par exemple, si le défunt a été marié 15 ans à sa première épouse, puis 10 ans à sa seconde épouse jusqu’à son décès, la durée totale des mariages est de 25 ans. Le montant de la pension sera réparti ainsi : la première épouse aura droit à une part calculée sur 15 ans (15/25èmes de la pension) et la seconde épouse aura droit à une part calculée sur 10 ans (10/25èmes). La deuxième épouse touchera donc bien une pension, mais pas son intégralité.
Des conditions d’accès qui varient selon les régimes
Pour que la pension de réversion soit versée, la deuxième épouse doit remplir des conditions qui diffèrent d’un régime à l’autre. Il n’y a pas d’attribution automatique. Voici ce qu’il en est :
- pour le régime général (salariés) : vous devez avoir au moins 55 ans et vos ressources annuelles ne doivent pas dépasser un certain plafond (24 710,40 euros pour une personne seule en 2025). Un remariage après le décès du conjoint n’annule pas vos droits ;
- pour les fonctionnaires : aucune condition d’âge ou de ressources n’est requise. En revanche, le droit est perdu si vous vous remariez ou vivez en couple (pacs ou concubinage) après le décès ;
- pour le régime complémentaire Agirc-Arrco : l’âge est fixé à 55 ans minimum, sans condition de revenus. Mais le remariage met fin au versement de cette pension complémentaire.

Que se passe-t-il si l’ex-conjoint n’a pas droit à la pension ?
Si la première épouse ne remplit pas les conditions pour toucher sa part de la pension de réversion (parce qu’elle s’est remariée ou que ses revenus sont trop élevés), sa part n’est pas redistribuée. Autrement dit, la deuxième épouse ne récupère pas le montant non attribué. Son droit est calculé uniquement sur la base de la durée de son propre mariage. La part non versée est simplement conservée par la caisse de retraite. Cette règle s’applique de la même manière pour la pension des orphelins qui constitue un droit totalement distinct.
Articles similaires
- Combien d’années de mariage pour avoir la pension de réversion ?
- Mon mari fonctionnaire est décédé : quels sont mes droits exacts en 2026 ?
- Aide en cas de décès d’un parent retraité : vos droits et démarches expliqués
- Liste des organismes à prévenir en cas de décès
- Se marier religieusement en islam sans mariage civil en France : quels risques ?

Amélie Lefebvre est une rédactrice spécialisée dans les collectivités et l’entreprise locale, combinant un sens pratique avec une compréhension approfondie des enjeux locaux.