Lorsqu’un proche disparaît, les démarches administratives s’ajoutent à la peine. Parmi elles, la gestion des comptes bancaires du défunt occupe une place centrale. Beaucoup d’héritiers s’interrogent sur le temps nécessaire pour clôturer un compte et récupérer les fonds. Mais il faut savoir qu’il n’existe pas de délai légal unique. En réalité, ce n’est pas la banque qui impose ce rythme, mais bien la nécessité de régler la succession en bonne et due forme. Le présent article a pour objet de vous expliquer ce qui se passe vraiment, du blocage initial au virement final, afin d’anticiper les délais et d’aborder la clôture du compte avec plus de sérénité.
Le blocage immédiat du compte par la banque
La première action concrète intervient dès que la banque est officiellement informée du décès du titulaire, généralement par la transmission de l’acte de décès. À cet instant, l’établissement a l’obligation légale de bloquer immédiatement le compte individuel du défunt. Ce blocage signifie qu’aucune opération, ni retrait ni dépôt, n’est plus autorisée.
Le but de ce blocage est de geler le patrimoine du défunt à la date du décès pour permettre au notaire de l’intégrer correctement dans la succession. Dès lors, les procurations que le défunt avait données deviennent caduques. Seuls les frais liés aux obsèques peuvent être prélevés sur le compte dans la limite de 5 000 euros et sur présentation de la facture.

Le cas particulier du compte joint
Le compte joint, libellé « Monsieur ou Madame », obéit à une règle différente. En effet, il n’est pas bloqué et le conjoint survivant conserve le droit de l’utiliser. Cependant, il faut savoir que la moitié du solde au jour du décès est réputée appartenir à la succession. La banque transmettra donc cette information au notaire et le conjoint survivant devra faire attention à ne pas utiliser la part qui reviendra aux héritiers. Si les héritiers craignent un abus, ils peuvent demander le blocage du compte joint qui sera alors transformé en compte indivis.
Le rôle central du notaire entre le blocage et la clôture du compte
C’est à ce niveau du processus que les délais s’allongent. En effet, la clôture effective du compte n’intervient qu’à la toute fin du processus de succession. Le notaire est obligatoirement le superviseur de ces démarches dès lors que la succession comporte un bien immobilier ou que le montant total des sommes détenues sur les comptes du défunt excède 5 000 euros. Son travail consiste à :
- identifier tous les héritiers ;
- établir l’actif et le passif de la succession (ce que le défunt possédait et ce qu’il devait) ;
- préparer les documents officiels, dont l’acte de notoriété qui liste les héritiers ;
- calculer les droits de succession à payer.
Une fois toutes ces démarches effectuées et les éventuels créanciers payés, le notaire donne ses instructions à la banque. La clôture effective du compte bancaire est donc directement liée au temps nécessaire au règlement complet de la succession. Ce temps prend en moyenne six mois, mais peut facilement atteindre un an en cas de situation complexe (famille recomposée, patrimoine important ou désaccords entre héritiers).

Le versement des fonds aux héritiers
La clôture du compte du défunt par la banque n’est pas une fin en soi. L’objectif final pour les héritiers est de percevoir les fonds qui s’y trouvent. Après avoir reçu l’ordre du notaire par un certificat de dévolution successorale ou un acte de notoriété, la banque procède enfin au virement des sommes restantes. L’argent est généralement versé sur le compte du notaire qui se charge ensuite de le répartir entre les différents héritiers selon leurs droits respectifs.
C’est seulement après ce transfert que le compte du défunt est définitivement clôturé. Dans le cas d’une succession simple sans notaire (moins de 5 000 euros et sans bien immobilier), les héritiers peuvent demander directement à la banque le versement des fonds en fournissant une attestation signée par l’ensemble des héritiers.
Articles similaires
- Déblocage d’un compte bancaire après décès sans notaire : combien de temps cela prend-t-il ?
- Succession sur compte joint : monsieur ou madame, qui hérite de quoi ?
- Décès : Y a-t-il toujours une succession ? Ce que vous devez absolument savoir en 2025
- Liste des organismes à prévenir en cas de décès
- Droits de succession en ligne directe en France : ce que doivent savoir les parents et enfants

Amélie Lefebvre est une rédactrice spécialisée dans les collectivités et l’entreprise locale, combinant un sens pratique avec une compréhension approfondie des enjeux locaux.