De plus en plus d’intercommunalités doivent se doter d’un plan intercommunal de sauvegarde afin d’organiser la solidarité et la réponse collective face aux risques majeurs. Comprendre qui est concerné, ce qu’un PICS apporte vraiment sur le terrain et comment éviter les erreurs fréquentes permet de transformer une obligation juridique en outil opérationnel utile pour les maires et les services.
Quelles structures doivent obligatoirement élaborer un plan intercommunal de sauvegarde
Sont concernés les établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre dont au moins une commune membre est soumise à l’obligation d’établir un plan communal de sauvegarde. Cette obligation découle du Code de la sécurité intérieure et s’accompagne d’une date butoir nationale. En pratique, cela concerne aussi bien des communautés de communes rurales que des communautés urbaines, selon la présence d’un PCS au sein d’une commune membre.
Attention à ne pas confondre compétence et rôle financier. L’obligation pèse sur l’EPCI qui dispose d’une fiscalité propre, mais la mise en œuvre opérationnelle reste largement collaborative avec les communes, les services de l’État et les services d’incendie et de secours.
Que doit contenir concrètement un PICS
Le contenu légal fixe des éléments minimaux mais laisse une marge d’adaptation. Un PICS efficace couvre la cartographie des risques intercommunaux, l’inventaire et la mutualisation des ressources, les modalités de coordination entre communes, une gouvernance claire et des procédures d’alerte et d’alerte renforcée.
Plus pragmatiquement, un bon PICS comporte
- une fiche synthétique des risques par lieu et par scénario plausible
- une base de données des moyens matériels et humains mobilisables intercommunaux
- les rôles précis de l’EPCI, des maires, du Directeur des services communaux lorsqu’il y en a un et des partenaires externes
- les modalités d’activation, de communication et de mise à jour
Comment élaborer un PICS pas à pas sans se perdre dans la paperasse
Commencez par un diagnostic territorial simple et partagé. Impliquez d’emblée les maires et les services techniques pour éviter les réticences plus tard. La construction peut suivre quatre étapes opérationnelles.
Étapes recommandées
- Réunir les données existantes issues des PCS des communes et des documents d’urbanisme
- Cartographier les ressources et les besoins par type de risque
- Définir une gouvernance et des procédures d’alerte communes
- Formaliser, tester et planifier les mises à jour
Sur le terrain, la difficulté la plus fréquente est la synchronisation des outils informatiques et des bases de données. Sans interface simple, les communes réduisent leur contribution. Favorisez des formats légers et interopérables pour la remontée d’informations.
Qui pilote et prend les décisions en situation de crise
L’EPCI joue un rôle de coordination et de mutualisation mais n’enlève rien aux responsabilités du maire sur sa commune. En pratique, la gouvernance du PICS combine une instance politique pour les décisions stratégiques et une chaîne opérationnelle pour la conduite de crise.
Voici une matrice synthétique pour clarifier les responsabilités
| Acteur | Rôle principal | Bonnes pratiques |
|---|---|---|
| EPCI | Coordination intercommunale et mutualisation des moyens | Nommer un référent PICS, gérer l’annuaire des ressources, piloter les exercices |
| Maires | Responsabilité de la protection des populations sur la commune | Maintenir le PCS, communiquer localement, valider les mesures spécifiques |
| DGS / DGA | Conduite opérationnelle et logistique | Préparer les scénarios, superviser la mise en œuvre des moyens |
| SDIS / Services de l’État | Soutien technique et capacités d’intervention | Intégrer les procédures d’alerte, prévoir l’appui sur les compétences spécialisées |
Comment organiser des exercices utiles et réalistes pour tester le PICS
Un document qui ne vit pas reste théorique. Les exercices sont la clé pour vérifier les chaînes de décision et la logistique. Préférez la régularité plutôt que l’intensité unique. Un exercice court chaque année, complété d’un exercice majeur tous les trois ans, donne de bons résultats.
Exemple d’enchaînement d’exercices
Commencez par des ateliers de table pour valider les procédures. Passez ensuite à des exercices fonctionnels impliquant les services clés. Enfin, organisez un exercice tactique avec mise en situation réelle si les moyens le permettent. Après chaque exercice, rédigez un retour d’expérience et mettez à jour le PICS dans les semaines qui suivent.
Quelles erreurs éviter lors de la rédaction et de la mise en œuvre
Plusieurs pièges reviennent souvent et nuisent à l’efficacité du plan. Évitez de copier-coller les PCS sans harmoniser les terminologies et les outils. Ne laissez pas la gouvernance floue. Et ne négligez pas la question du financement des moyens mutualisés.
Autres erreurs courantes
- Ne pas associer les acteurs non municipaux comme les associations de sécurité civile ou les gestionnaires d’infrastructures
- Oublier la communication de crise vers la population et les médias locaux
- Mettre en place un plan sans calendrier de révisions et d’exercices
Quels outils et quelles ressources pour faciliter la mise en place
Plusieurs outils pratiques accélèrent la construction et l’exploitation d’un PICS. Des tableaux partagés pour le recensement des moyens, une cartographie SIG simple pour localiser les risques et des fiches réflexes opérationnelles pour chaque scénario sont indispensables. Les guides méthodologiques publiés par la DGSCGC et l’institut restent une référence utile pour cadrer la démarche.
En complément, pensez aux financements possibles pour équipements et exercices
- fonds de solidarité départementaux ou régionaux
- subventions spécifiques pour la gestion des risques
- partenariats avec les entreprises locales pour le prêt de moyens
Questions fréquentes sur le PICS
Qui fixe la date limite pour adopter le PICS La législation fixe une date butoir nationale qui s’applique aux EPCI concernés.
Le PICS remplace-t-il les PCS communaux Non. Le PICS complète les PCS en organisant la solidarité et la coordination au niveau intercommunal.
A quelle fréquence le PICS doit-il être actualisé Il doit être revu régulièrement et après chaque exercice significatif ou événement majeur. Une révision annuelle ou pluriannuelle selon le contexte local est une bonne pratique.
Faut-il faire participer les associations et les entreprises Oui. Leur participation renforce la capacité de réponse et la disponibilité des ressources.
Quels sont les premiers pas si vous êtes chargé de piloter la rédaction Lancez un diagnostic territorial, identifiez les interlocuteurs clés et planifiez un cycle d’ateliers pour bâtir le plan de manière collaborative.
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Amélie Lefebvre est une rédactrice spécialisée dans les collectivités et l’entreprise locale, combinant un sens pratique avec une compréhension approfondie des enjeux locaux.